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Nicolae Grigorescu (1838-1907)
Les toiles de Nicolae Grigorescu s'y ajoutent tout naturellement, car son oeuvre, si riche, si original, si unitaire en dépit du nombre énorme -4000- de tableaux et de dessins, gard son inalterable vivacité. C'est nous que nous y retrouvons avec nos plus belles vertus, notre fonds le plus précieux, nos sentiments, nos aspirations. Qu'importe que plusieurs de ses successeurs aient vise plus haut et conçu de reel une image empreinte de plus de gravité, qu'importe qu'ils se soient fait de la couleur et de ses functions une idée plus exacte et complexe! Pour qui posséde une connaissence profonde de trésor d'art roumain Grigorescu demeure le plus representative des peintres de chez nous et- comme le remarquait G. Oprescu- "un artiste aussi important pour l'Europe de son temps que pour nous-mêmes."
La première, souveraine dans son âme d'artiste, est le vrait. Ses tableaux sont reels, authentiques, au sens où l'on parle de l'authenticité d'un manuscript ancient dont l'écriture, les ornaments particuliers, le style ne sauraient être le produit d'une imagination mue par le seul intérêt. Lui est venu nous dire que notre pays, le pays de notre race, a ce ciel-là, cette luminière-là, ces perspectives-là, et que les plus beaux de3 ses fils ont, sous la rugosité de la toile, ce sourire-là à leurs moments de gaieté ou ce regard-là dans leurs yeux profon ils scrutent les mystères de la vie ou de la nature.
Sa seconde vertu est la poésie. Il est une poésie fabriquée, de pacotille, fort aisée à produire hars de toute réalité, poésie en carton-pâte éprise de sujets rares, étrangers, démedodés, fantastiques. Mais il en est une autre, glorieuse et modest, qui, pour être découverte, exige l;héroïsme, la patience, la pureté d'un Prince-Charmant.
Peut-être moins pénétrants du point de vue psyhologique, mais témoignant de la meme virtuosité dans la peinture, ou moy de quelques taches de couleur, d'images vivantes et authentiques, sont aussi les que;ques portraits de jeunes femmes au visage rêveur, envelope dans un halo nostalgique de poésie, aux yeux trahissant une mystérieus vie intérieure: Portrait de femme, Tête de jeune fille. C'est au même genre qu'il faut rattacher les portraits de jeunes paysannes, gaies, agiles, au maintrien fier, revêtues de costumes populaires: Paysanne au fichu de soie grège, Paysanne gaie, Paysanne de Muscel, Paysanne à la cruche, Jeune paysanne assise sur un talus.
Toutes ces oeuvres révèlent l'intérêt et la sympayhie de l'artiste pour les êtres simples, pour la santé physique et morale que l'on rencontre chez les gens du people.
Grigerescu est fecund et ses richesses sont inépuisables. Agé, il ne déploie pas moins de zèle qu'en sa jeunesse. D'aucuns jugeront sa production abondante. Voilà, ce me semble, une notion inexisntante pour lui. Il obéit à des appels qu'on ne discute pas, des appels qui se font entendre à leur gré. Aussi l'opulence de son oeuvre n'éveillerait-elle en lui ni crainte, ni orgueill.
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